Banksy et l’art urbain : du pochoir de rue au mur du salon
Banksy et l’art urbain sont devenus presque synonymes. Un nom que personne ne peut associer Ă un visage, des images peintes en quelques minutes sur des murs de ville, et pourtant des ventes aux enchères suivies dans le monde entier. Avant d’accrocher une de ces images chez vous, il vaut la peine de savoir d’oĂą elles viennent, ce qu’elles disent, et ce qu’est exactement une reproduction.
Le pochoir, une technique de rue
Le pochoir est un procĂ©dĂ© très ancien : on dĂ©coupe une forme dans un carton ou une feuille rigide, on la pose contre un support, et on passe la peinture Ă travers. Dans la rue, il a un avantage dĂ©cisif. Comme le rappelle l’article de WikipĂ©dia consacrĂ© Ă l’artiste, les pochoirs permettent de travailler beaucoup plus vite sur place, car une partie du travail est faite Ă l’avance. Quelques secondes suffisent pour poser une silhouette nette, lĂ oĂą une fresque Ă main levĂ©e demande des heures.
Cette rapiditĂ© a façonnĂ© l’esthĂ©tique de l’art urbain au pochoir : des contrastes francs, souvent en noir sur un mur clair, une seule couleur vive pour attirer l’Ĺ“il, et des images qui se comprennent d’un coup d’Ĺ“il, comme une affiche.
Paris avant Bristol
La filiation est connue. Selon WikipĂ©dia, Blek le Rat commence Ă peindre des pochoirs Ă Paris en 1981, notamment de petites silhouettes de rats qui parcourent les murs de la ville. L’encyclopĂ©die le prĂ©sente comme l’une des influences reconnues de l’artiste de Bristol, qui aurait dĂ©clarĂ©, avec humour, dĂ©couvrir Ă chaque nouvelle image que Blek l’avait dĂ©jĂ faite vingt ans plus tĂ´t.
Banksy, lui, commence Ă Bristol dans les annĂ©es 1990, puis s’installe Ă Londres, toujours selon la mĂŞme encyclopĂ©die. Son nom rĂ©el et son identitĂ© exacte restent inconnus. La presse a publiĂ© des hypothèses, l’artiste n’en a confirmĂ© aucune. Nous nous en tenons lĂ : ce qui compte, pour un mur, ce sont les images.
Des images qui racontent une histoire
La fillette au ballon rouge en forme de cĹ“ur est sans doute la plus reproduite. D’après WikipĂ©dia, elle apparaĂ®t en 2002 sur un mur de Londres. Seize ans plus tard, elle devient le sujet d’un coup d’Ă©clat : en octobre 2018, comme le rapporte The Art Newspaper, une version sur toile est adjugĂ©e Ă Londres, puis un broyeur cachĂ© dans son cadre la dĂ©coupe Ă moitiĂ© sous les yeux de la salle. L’Ĺ“uvre prend alors un nouveau titre, Love is in the Bin, et elle est revendue chez Sotheby’s le 14 octobre 2021 pour 18,6 millions de livres, frais compris.
Chez nous, cette image existe en deux versions. La fillette au ballon rouge en noir et blanc s’Ă©tire sur cinq panneaux, en 200 x 80 cm ou en 225 x 90 cm : le ballon rouge reste la seule couleur d’un long mur gris, au-dessus d’un canapĂ©.
La version fillette et ballon rouge sur fond blanc est verticale, du 40 x 60 cm au 80 x 120 cm. Sur la photo d’ambiance, elle tient seule dans une entrĂ©e, au-dessus d’une commode grise : un format haut pour un mur Ă©troit.
D’autres motifs reviennent souvent, dont les singes, prĂ©sentĂ©s avec une ironie tranquille. Le singe pensif et ses carrĂ©s de couleur, la main sous le menton, se dĂ©cline en cinq panneaux jusqu’au 200 x 100 cm. Au-dessus d’un canapĂ© gris, dans un salon blanc, il amuse sans crier.
Le singe au dĂ©tonateur, noir et jaune, plus compact, va du 60 x 40 cm au 120 x 80 cm et trouve sa place au-dessus d’un bureau.
Le mur comme lieu d’exposition
L’art urbain a toujours jouĂ© avec son support. En 2015, rapporte WikipĂ©dia, Banksy ouvre Dismaland Ă Weston-super-Mare, un parc d’attractions temporaire et grinçant, qui rĂ©unit ses propres pièces et celles de plus de cinquante autres artistes, pendant cinq semaines. L’idĂ©e est la mĂŞme que dans la rue : sortir l’image du musĂ©e et la mettre lĂ oĂą les gens passent.
C’est aussi ce qui la rend si facile Ă vivre chez soi. Un pochoir en noir et blanc se lit de loin, s’accorde Ă un mur de briques, de bĂ©ton ou de plâtre, et laisse le reste de la pièce respirer. Le pochoir de la foule et de la flèche rouge montante, au-dessus d’une console noire sur un mur vert sombre, montre bien cet effet : une seule touche rouge, et le mur change de caractère.
Reproduction, pas Ĺ“uvre de la main de l’artiste
Soyons clairs, parce que c’est important. Les tableaux de notre rayon art urbain sont des reproductions d’Ĺ“uvres attribuĂ©es Ă Banksy, imprimĂ©es sur châssis. Ce ne sont pas des pièces uniques, elles ne portent aucune marque de l’artiste, et nous n’avons aucun lien avec lui.
Le bureau qui gère ses affaires, Pest Control Office, le dit d’ailleurs sans dĂ©tour sur sa page de questions : l’artiste ne fait des objets dĂ©rivĂ©s que rarement, et si quelque chose ressemble Ă un « produit Banksy », ce n’en est presque certainement pas un. C’est aussi ce bureau, et lui seul, qui se prononce sur les Ĺ“uvres de sa main. Une reproduction vous offre l’image, sa force graphique et son histoire ; elle ne prĂ©tend pas Ă autre chose.
Accrocher une image de rue chez soi
Trois conseils pour que l’image garde sa force. D’abord, laissez-lui de l’espace : un pochoir se lit mieux sur un mur calme, sans Ă©tagères chargĂ©es autour. Ensuite, jouez le contraste : une image en noir et blanc sur un mur clair, ou au contraire sur un mur sombre si l’image a une touche de couleur vive. Enfin, choisissez le format d’après le meuble, pas d’après l’image : visez environ les deux tiers de la largeur du canapĂ© ou du bureau placĂ© dessous.
Les bords sont imprimĂ©s, le tableau s’accroche sans cadre : c’est la façon la plus proche de l’esprit de la rue, une image posĂ©e Ă mĂŞme le mur.