Accrocher un tableau en plusieurs panneaux sans rater l’alignement
Accrocher un tableau en plusieurs panneaux demande un peu plus de mĂ©thode qu’un tableau d’un seul tenant. Un seul panneau de travers, un Ă©cart plus large que les autres, et l’image se casse : l’Ĺ“il ne voit plus un tableau dĂ©coupĂ©, mais des morceaux posĂ©s au hasard. La bonne nouvelle, c’est que tout se joue avant le premier clou. Avec des gabarits en papier, un niveau et un crayon, l’accrochage devient une affaire de patience, pas d’adresse.
Comprendre la composition avant de commencer
Tous les tableaux en plusieurs panneaux ne se ressemblent pas. Ouvrez la fiche du vĂ´tre et regardez la taille de chaque panneau : c’est elle qui dĂ©cide de la façon de l’accrocher.
Le cas le plus simple est le triptyque à panneaux égaux. Le tableau deux chevaux blancs au galop, fond noir, en 120 x 80 cm, se compose de trois panneaux de 40 x 80 cm. Trois rectangles identiques, alignés en haut comme en bas : il suffit de tenir une ligne droite et des écarts réguliers.
Les tableaux en cinq panneaux sont souvent construits en escalier, plus hauts au centre. Le tableau lion de profil en tons sĂ©pia, en 200 x 100 cm, aligne des panneaux de 40 x 60 cm, 40 x 80 cm, 40 x 100 cm, puis de nouveau 40 x 80 cm et 40 x 60 cm. Ici, ni le haut ni le bas ne sont alignĂ©s : c’est le milieu de chaque panneau qui doit tomber sur la mĂŞme ligne.
Certains mĂ©langent des panneaux couchĂ©s et debout. Le tableau abstrait chocolat et or en quatre panneaux, en 200 x 90 cm, associe deux panneaux de 60 x 40 cm aux extrĂ©mitĂ©s et deux panneaux de 40 x 80 cm au centre. LĂ encore, l’axe horizontal commun est votre repère.
Un point Ă savoir sur les dimensions
Le format annoncĂ© correspond aux panneaux mis bout Ă bout. Pour le lion, cinq panneaux de 40 cm de large font exactement les 200 cm du format. Chaque Ă©cart que vous laissez entre deux panneaux s’ajoute donc Ă la largeur totale.
Ce n’est pas un problème, c’est mĂŞme ce qui donne de l’air Ă la composition. Mais pensez-y si votre mur est juste : avec quatre Ă©carts, un tableau en cinq panneaux s’Ă©largit un peu. Mesurez la place disponible avant de choisir entre deux formats, et gardez de l’espace libre de chaque cĂ´tĂ©.
Préparer au sol, tracer au mur
Les gabarits
DĂ©coupez dans du papier kraft, ou dans de vieux journaux assemblĂ©s, un rectangle par panneau, exactement Ă ses dimensions. Notez sur chacun sa place dans l’ordre, de gauche Ă droite. Disposez-les d’abord au sol, avec les Ă©carts voulus, pour vĂ©rifier l’ensemble.
La ligne d’axe
Au mur, tracez au crayon, très lĂ©gèrement, une ligne horizontale bien de niveau : c’est l’axe qui passera par le milieu de tous les panneaux. Au-dessus d’un canapĂ©, placez-la de façon qu’il reste une vingtaine de centimètres entre le dossier et le bas du panneau le plus haut. Nous dĂ©taillons ce rĂ©glage dans notre article sur la taille de tableau au-dessus d’un canapĂ©.
Les gabarits au mur
Fixez les gabarits avec du ruban de masquage, centrĂ©s sur la ligne d’axe, en commençant par le panneau du milieu. Reculez de quelques pas. Corrigez. Laissez-les une journĂ©e si vous hĂ©sitez : on juge mieux un accrochage en passant devant qu’en le fixant.
Poser les fixations
Une fois les gabarits en place, marquez sur chacun l’emplacement de la fixation, au dos du panneau correspondant : mesurez la distance entre le haut du panneau et son point d’accroche, et reportez-la sur le papier. Percez ou plantez Ă travers le gabarit, puis retirez-le.
Choisissez des fixations adaptĂ©es Ă votre mur, qui n’a pas les mĂŞmes besoins en plâtre, en brique ou en plaque de plâtre. Ces tableaux ont un châssis en MDF de 2 cm d’Ă©paisseur : un panneau se tient bien, mais un grand panneau mĂ©rite une fixation sĂ©rieuse, et deux points valent mieux qu’un pour qu’il ne pivote pas.
Les outils à réunir
Rien de compliquĂ©, mais tout doit ĂŞtre Ă portĂ©e de main avant de commencer : un mètre ruban, un niveau Ă bulle assez long, un crayon Ă papier, du ruban de masquage, vos gabarits, une perceuse si le mur l’exige, et les fixations. PrĂ©voyez aussi une gomme douce pour effacer la ligne d’axe Ă la fin. Si possible, faites-vous aider : une deuxième personne qui tient le panneau pendant que vous regardez de loin vaut tous les instruments.
L’ordre de pose
Accrochez toujours le panneau central en premier, et vĂ©rifiez-le au niveau. C’est lui qui porte le centre de l’image : si le tigre du tableau tigre dorĂ© aux yeux bleus regarde droit vers vous, c’est parce que son panneau central est juste. Posez ensuite ses voisins immĂ©diats, puis les panneaux des bords, en contrĂ´lant chaque Ă©cart avec une cale : un morceau de carton de la bonne Ă©paisseur, toujours le mĂŞme.
Les bords de ces tableaux sont imprimĂ©s : ils s’accrochent sans cadre, et l’image continue sur la tranche. C’est ce qui permet aux Ă©carts de se lire comme des respirations, et non comme des coupures.
Les écarts : réguliers avant tout
Un Ă©cart de deux ou trois doigts donne un bon Ă©quilibre au-dessus d’un meuble. Plus serrĂ©, l’ensemble se lit comme un seul tableau ; plus large, chaque panneau prend son autonomie. Les deux se dĂ©fendent. Ce qui ne pardonne pas, c’est l’irrĂ©gularitĂ© : un seul Ă©cart diffĂ©rent se voit depuis l’autre bout de la pièce.
Vous pouvez aussi sortir de l’alignement. Sur la photo d’ambiance du triptyque panda roux, lama et chien Ă©bouriffĂ©, les trois panneaux sont accrochĂ©s en dĂ©calĂ© au-dessus d’un fauteuil bleu canard. Ce jeu fonctionne pour des panneaux indĂ©pendants, trois portraits par exemple ; il casserait une image continue comme celle du lion.
Pour d’autres compositions en plusieurs panneaux, le rayon tableaux animaux en propose beaucoup, du triptyque au tableau en cinq parties. Retenez l’ordre : gabarits, ligne d’axe, panneau central, puis les autres. Le reste n’est qu’une question de calme.